Fauteuil crapaud : champion du design et du confort

 

Il y a des sièges dans lesquels on s’assoit, et il y a ceux dans lesquels on s’installe. Le fauteuil crapaud appartient clairement à la seconde catégorie : dès que la journée se termine, il vous tend les bras pour une parenthèse cocooning qui ne se refuse pas. Côté déco, il a beau être né au siècle avant-dernier, il n’a pas pris une ride et se glisse aussi bien dans un salon d’aujourd’hui que chez un amateur de brocante.

Le fauteuil crapaud doit son drôle de nom à sa silhouette basse et trapue, qui évoque celle du batracien. On le fait remonter à la première moitié du XIXe siècle, sous le règne de Louis-Philippe Ier. Vous le reconnaîtrez à coup sûr : des pieds très courts, un dossier enveloppant qui monte haut, et une assise moelleuse gagnée grâce à un rembourrage généreux. Confortable sans jamais dévorer l’espace, il s’est imposé en un rien de temps dans les intérieurs de l’époque. Deux siècles plus tard, il tient toujours sa place au coin du feu de bien des foyers.

Le modèle se décline dans une belle variété de finitions. Vous le croiserez habillé d’un tissu capitonné, d’un velours épais et côtelé, agrémenté de franges, de volants ou d’accoudoirs discrets. Et pour les goûts un brin plus audacieux, certaines pièces jouent la carte des couleurs franches et des motifs graphiques qui réveillent une pièce entière. Un conseil de chineur : passez la main sous l’assise et pressez le rembourrage. Un crapaud d’origine repose souvent sur des ressorts et du crin, plus durables qu’une mousse récente qui s’affaisse au bout de quelques années.

Question budget, l’écart est large. Comptez autour de 300 € pour un modèle neuf de facture correcte, tandis qu’une pièce d’occasion à retapisser se négocie parfois à une cinquantaine d’euros sur les vide-greniers. Gardez donc l’œil ouvert lors de vos prochaines virées au marché aux puces : une carcasse saine se recouvre, une structure vermoulue non.

Le fauteuil crapaud reste une valeur sûre pour quiconque cultive le goût du vintage. Posé près d’une coiffeuse d’époque, il installe une ambiance boudoir en un clin d’œil. Mais il ne s’enferme pas dans un seul registre : il fait aussi bon ménage avec le bois brut, un tapis aux motifs ethniques ou un luminaire résolument contemporain, en jouant les contrastes plutôt que le pastiche.

Avec autant d’arguments dans sa besace, une chose est sûre : une fois qu’il aura trouvé sa place chez vous, vous aurez le plus grand mal à vous en séparer.

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