Les caractéristiques des fauteuils crapaud et cabriolet

Origine

Avant de s’asseoir confortablement, l’humanité a d’abord fait du siège un objet de pouvoir. Le plus ancien exemplaire connu à ce jour se trouve à Knossos, dans le palais de la civilisation minoenne dont il ne reste que des vestiges. Ce siège de pierre trônait dans la salle du trône et remplissait une fonction hautement symbolique : à Knossos, il était réservé au seul monarque. Bien plus tard, Louis XIV codifiait le même principe en accordant à quelques privilégiés le droit de prendre place sur tel ou tel siège d’apparat.
La monarchie a beau avoir disparu de notre quotidien, le réflexe est resté. Dans une salle de réunion, un fauteuil un peu surélevé ou placé en bout de table continue d’envoyer un signal de prestige et d’autorité, souvent sans que personne ne le formule à voix haute. La façon dont on s’assoit en dit long, hier comme aujourd’hui.

Évolution

Après l’ère des bûches et des troncs posés là où il fallait s’asseoir, l’envie de confort a fini par prendre le dessus, et la forme comme la matière des sièges ont été repensées. La Renaissance, puis l’art baroque, ont imposé des modèles aux ornements plus riches et travaillés. Le vrai tournant arrive au XIXe siècle avec les chaises tapissées et les rembourrages montés sur ressorts : à partir de là, les tapissiers proposent un moelleux qui n’a plus rien à voir avec la pierre antique ou les bancs médiévaux en bois. Aujourd’hui, les formes, les motifs et les coloris se déclinent à l’infini, mais un type de siège continue de traverser les modes sans faiblir : le fauteuil rembourré.

Le fauteuil crapaud

Le fauteuil crapaud est né dans la première moitié du XIXe siècle, sous le règne de Louis-Philippe Ier. On l’apprécie depuis pour son allure élégante, son gabarit ramassé (peu encombrant, il se glisse dans un angle ou au pied d’un lit) et surtout son assise enveloppante. Ses formes arrondies amortissent le dos et soulagent la colonne, un vrai atout quand on aime lire une heure sans changer de position. Entièrement habillé de tissu, de cuir ou de simili, il s’invite partout : salon, salle à manger, chambre, jusqu’à la salle de bains. On le croise d’ailleurs souvent dans les hôtels et les restaurants, où il tient le rôle du siège d’appoint qui a du cachet.
Côté fabrication, pas de mécanique compliquée : nul besoin des ressorts montés sur sangles que réclament d’autres fauteuils. Une mousse de bonne densité (comptez au moins 30 kg/m³ si vous voulez qu’elle tienne dans le temps) suffit à garnir la structure et à garantir une assise ferme. Cette simplicité a un avantage concret : elle permet de produire de nombreux exemplaires rapidement, sans sacrifier le confort.

Le fauteuil cabriolet

Le fauteuil cabriolet, lui, joue la carte de la ligne épurée. Son succès tient à ses finitions soignées et à des matériaux qui ne trichent pas : bois, tissu, mousse. Pièce presque incontournable du mobilier contemporain, il habille aussi bien un salon qu’un bureau ou une salle à manger, et sait basculer d’une ambiance résolument moderne à un esprit plus vintage selon le tissu choisi. On le retrouve tout autant dans les restaurants, les cafés, les bars, les hôtels, voire dans certains espaces de service public. Bref, une fois installé chez vous, il y a fort à parier que vous aurez du mal à vous en passer.